Mesdames Messieurs,
Chers parents
Chers amis.
Deux mois se sont écoulés depuis la rédaction du rapport d’activité.
Le complément au rapport d’activité retrace cette période où les logiques libérales et sécuritaires dominent dans un contexte de nouvelles restrictions budgétaires qui grèvent l’avenir du système éducatif
Ce complément au rapport d’activité de la Fédération nationale s’inscrit dans la continuité de l’action qui était en cours contre le contrat « première embauche », au mois de mars.
Après la gigantesque manifestation du 4 avril, le gouvernement a reculé et retiré le CPE.
Cette victoire est celle de la jeunesse : celle des lycéens et des étudiants. Elle leur appartient pleinement car ils ont réussi à fédérer autour d’eux, les organisations syndicales, les parents d’élèves de la FCPE, et au-delà, la population.
Cette victoire est la leur, leur combat est le signe de leur inquiétude vis-à-vis de l’avenir. Pour la première fois depuis des générations, la jeunesse d’aujourd’hui sait qu’elle vivra dans des conditions plus difficiles que la génération précédente, celle de leurs parents, la nôtre.
La perspective même d’un progrès social s’estompe et il nous faut être particulièrement unis et forts pour que le déclin que certains nous préparent n’aboutisse pas.
L’unité des forces sociales est impérative.
C’est bien pour cela que nous regrettons que notre appel réitéré à participer à l’organisation de la mobilisation n’ait pas été entendu par tous nos partenaires.
Certes, le CPE relevait du domaine de la législation du travail, mais force est de constater que, dans la mesure où cela concernait l’avenir de notre jeunesse, notre mouvement ne pouvait qu’être impliqué et légitime dans cette mobilisation.
Qui était aux côtés des jeunes, dans les lycées, au quotidien, jour après jour ? Qui a assuré que la mobilisation des jeunes se passe dans les meilleures conditions de sécurité possibles, y compris dans les situations de blocage de lycées, y compris dans l’organisation des manifestations ?
Nous, les parents d’élèves FCPE.
Notre place était là, nous l’avons occupé pleinement et avec responsabilité et nous étions parfois bien seuls comme adultes pour assurer la sécurité des lycéens.
Il est regrettable que nous n’ayons pas été associés pleinement comme partenaire. Espérons qu’à l’avenir, nous serons mieux compris.
Aujourd’hui, des lycéens sont encore victimes de procédures judiciaires et disciplinaires au seul motif d’avoir manifesté.
Nous réclamons l’amnistie des peines prononcées à leur encontre et l’arrêt des poursuites en cours pour ce motif. Nous exigeons leur réintégration dans leur établissement lorsqu’ils en ont été exclus.
Il est particulièrement choquant de voir un ancien ministre condamné pour abus de biens sociaux par la justice à 15 mois de prison avec sursis être immédiatement amnistié par le président de la République. Nous ne comprenons pas pourquoi des jeunes qui se sont battus pour défendre leurs droits ne bénéficieraient pas eux aussi de la clémence présidentielle.
Le CPE est un des volets de la loi dite d’égalité des chances qui comportait également un volet concernant l’apprentissage « junior » à 14 ans et le contrat de responsabilité parentale. Nous avons dénoncé l’un et l’autre.
Apprentissage junior à 14 ans
Concernant l’apprentissage junior, nous nous sommes opposés avec les principales organisations syndicales et associations, à sa mise en œuvre, lors du dernier conseil supérieur de l’éducation.
Des parents, aussi bien à l’intérieur de notre mouvement qu’à l’extérieur, ne comprennent pas le sens de notre position. Il ne s’agit pas d’une hostilité à l’égard de l’apprentissage que nous reconnaissons comme une des voies de formation initiale.
Ce qui est en jeu, c’est l’âge auquel un jeune risque d’être éjecté du système éducatif. 14 ans, c’est beaucoup trop tôt pour qu’un enfant puisse valablement développer un projet d’insertion professionnelle, surtout sans disposer des bases nécessaires pour être en capacité d’acquérir les connaissances et les savoirs professionnels nécessaires dans les meilleures conditions.
La réalité risque fort d’être beaucoup plus cynique et sordide.
Pour la rentrée 2006, le ministre de l’Education nationale prévoit entre 10 et 20 000 élèves orientés dans ce dispositif et le ministère de l’Agriculture en prévoit autant.
Les élèves en grande difficulté, ou ceux qui poseront des problèmes de comportement seront les premiers à qui on proposera cette fausse solution. Nous savons bien que, sans une formation générale solide, leur formation professionnelle sera limitée aux qualifications les plus réduites, celles qui n’offrent véritablement aucune perspective d’évolution professionnelle.
Rappelons que cette idée d’apprentissage junior est la résultante de la crise des banlieues de l’automne dernier. Il nous est difficile d’admettre que l’exclusion précoce soit un remède aux troubles sociaux.
Ce n’est pas ainsi que l’on peut donner une image positive de l’apprentissage et de la formation professionnelle qui apparaissent, du fait de cette politique, comme un instrument de retour à l’ordre et une voie destinée aux jeunes en difficulté voire délinquants.
Le Contrat de responsabilité parentale
Concernant le contrat de responsabilité parentale, là encore avec l’ensemble de nos partenaires, nous avons rejeté ce dispositif qui stigmatisait une fois de plus les familles, et en particulier celles qui sont les plus démunies ou en détresse.
Ce n’est pas le rôle du président du conseil général de décider de suspendre des allocations familiales. Rappelons que les allocations familiales sont un droit lié à l’enfant et en aucun cas un instrument de sanction. C’est dévoyer leur destination originelle : préserver la famille des aléas économiques afin de pouvoir éduquer les enfants.
Face à l’absentéisme scolaire, il faut inventer de nouvelles formes d’accueil et de formation des élèves en rupture scolaire.
En fait, ce dispositif est un instrument de police des familles qui relève d’une conception conservatrice et autoritaire de la famille.
Il faut aider les familles qui ont des difficultés et non les condamner. Un véritable travail de fond reste à faire sur l’aide à la parentalité et notre pays a encore beaucoup de retard en ce domaine.
La relation éducative, parents/enfants est devenu aujourd’hui beaucoup plus complexe.
On ne peut que regretter que les parents qui connaissent des difficultés éducatives avec leurs enfants soient orientés soit vers l’action sociale quand il s’agit des familles populaires, soit vers les psychiatres comme si les problèmes éducatifs relevaient de la thérapie. Entre les deux, rien !
Aujourd’hui, ils sont sanctionnés, dans le cadre d’une politique globale qui consiste à transformer systématiquement les victimes en coupables.
En matière d’absentéisme, l’institution est bien coupable. A partir de la semaine prochaine, nous savons que des centaines de milliers de collégiens et de lycéens ne seront plus scolarisés du fait de l’organisation des examens. Cet absentéisme-là, qui relève de la responsabilité de l’institution, sera-t-il sanctionné d’une amende ?
Le calendrier scolaire :
Nous avons voté contre le projet d’arrêté fixant le calendrier scolaire triennal.
Ce projet d’arrêté ne correspond en rien à la réalité du pays puisque plus de 25 % des écoliers du primaire ne sont pas concernés du fait de la semaine des quatre jours. D’autre part, il ne respecte pas le rythme 7 semaines de travail/2 semaines de repos. Le zonage en trois zones persiste, à l’avantage de l’industrie touristique d’hiver et pour à peine 10 % des familles concernées.
C’est un découpage conçu pour les adultes et non pas pour les enfants et le respect de leur rythme.
AÏS
La loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a été votée depuis plus d’un an.
Nous avons été amenés à examiner les projets de circulaires et d’arrêtés concernant la scolarisation des jeunes en situation de handicap.
Nous vous avons souligné, que la politique de scolarisation a trop longtemps souffert dans notre pays, de la dualité des moyens supportés soit par l’Education nationale, soit pas le secteur médico-social et sanitaire.
Le cloisonnement des structures, les différentes approches, les différents statuts entre ministères perdurent encore. Nous avons souhaité que les textes qui régissent la scolarisation des élèves en situation de handicap aient un caractère interministériel, engageant les moyens des différents ministères concernés, ainsi que le prévoit l’article 17 du décret du 30 décembre 2005 sur la scolarisation des élèves handicapés.
Nous avons rappelé la nécessaire mis en œuvre de la continuité du parcours de formation de l’élève en situation de handicap, afin que les parents puissent enfin concevoir la scolarisation de leur enfant avec sérénité.
Par ailleurs, nous dénonçons l’insuffisance des moyens d’accompagnement, d’accueil, de soins des élèves en situation de handicap. Ainsi, le projet relatif aux enseignants référents risque d’être appliqué de façon variable dans certains départements faute de moyens de fonctionnement. L’expérience des difficultés des RASED justifie notre inquiétude.
Nous avons réclamé, avec nos partenaires, qu’une politique cohérente et ambitieuse de scolarisation des élèves handicapés soit assurée, sachant que cela implique notamment que les moyens d’accompagnement et d’accueil, notamment en formation et en personnel spécialisé ou en AVS soient effectifs et suffisants.
Enseignement agricole public.
Nous avons participé aux états généraux de l’enseignement agricole public et appelé à la mobilisation le 17 mai.
La situation de l’enseignement agricole public s’est profondément détériorée depuis quatre ans.
Faute de moyens financiers à la hauteur des besoins, l’État en manque de crédits met de plus en plus souvent les familles à contribution pour le fonctionnement des établissements.
Depuis plusieurs années, les bourses ne sont plus versées à échéance, mettant ainsi les familles en difficulté financière. Les frais de scolarité supportés par les familles s’alourdissent : augmentation des frais de photocopie, assurances de stage, frais de correspondance, de visite médicale, etc.
Depuis la rentrée 2005, la mise en œuvre des nouvelles grilles horaires a réduit le nombre d’heures d’enseignement pour l’ensemble des filières alors que le contenu du programme n’a pas changé. Les heures de soutien en Bepa, Bac pro et Bac techno ont été supprimées alors qu’elles sont nécessaires pour permettre aux élèves fragiles de surmonter leurs difficultés et de poursuivre leurs études.
Ceci aboutit à une dégradation des conditions de réussite pour nos enfants.
Pour la rentrée 2006, dans de nombreux établissements, les redoublements ne seront plus assurés, notamment pour les élèves de terminale qui ne seront plus scolarisés dans leur établissement d’origine faute de place.
L’administration a décidé de plafonner les effectifs par classe à 24 ou parfois à 16 afin de ne pas financer les dédoublements prévus par les programmes. Pour ces mêmes raisons de plafonnement d’effectifs, des établissements se voient contraints de refuser des élèves souhaitant s’inscrire dans une filière de formation de l’établissement.
Faute de moyens et du fait de la suppression de postes, les options ne sont plus proposées, les filières de formations sont regroupées pour les enseignements généraux, les heures consacrées à l’UNSS ou à l’animation socioculturelle sont réduites.
Des filières de formation sont supprimées, obligeant ainsi les élèves à changer de région, ce qui engendre des coûts supplémentaires pour les familles, ou encore à être scolarisés dans les structures de l’enseignement privé agricole, ce qui est une atteinte au principe de laïcité.
La mobilisation du 17 mai, a permis d’obtenir quelques avancées mais les insuffisances du budget risquent de compromettre la rentrée de septembre et surtout prépare mal celle de 2007 et l’avenir.
La gratuité.
La gratuité est un principe auquel nous sommes particulièrement attachés.
Bien sûr, il reste fort à faire sur le territoire national, par exemple en matière de gratuité des transports scolaires, des fournitures, des manuels, des équipements, en matière de coûts de la cantine...
Mais, il nous faut défendre ce principe aussi bien en France qu’à l’étranger pour le réseau des établissements français à l’étranger.
En particulier, il faut rappeler, selon les termes de la cour des comptes, que : " La justification première du déploiement d’un réseau d’établissements de statut public relevant de l’AEFE est constituée par l’obligation scolaire faite aux enfants d’expatriés français. Il devrait donc en résulter normalement la gratuité de cette scolarité."
(...) " Les droits de scolarité devraient être appréciés dans leurs conséquences financières tant pour l’Etat que pour les entreprises françaises. L’absence de gratuité comporte en effet un coût financier et économique. "
II revient donc à l’Etat et au gouvernement de la République de veiller à faire respecter la Constitution, les engagements internationaux de la France, les objectifs fondamentaux assignés à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger en garantissant aux enfants de nationalité française la gratuité de l’enseignement.
C’est pour cela, que nous avons lancé une pétition mondiale pour défendre le principe de gratuité en faveur des enfants français scolarisés dans le service public à l’étranger..
De même, nous devons nous préoccuper de la situation particulière de l’enseignement agricole public, et faire en sorte que la spécificité pédagogique ne se traduise pas par des coûts supplémentaires supportés par la famille.
Le projet de décret concernant le socle commun de connaissances.
La FCPE et le principe du socle commun.
Après des décennies de débat sur la définition du socle commun, voici enfin une proposition de décret concernant le socle commun. Je vais rappeler la position de principe qui est celle de la FCPE, je présenterai le projet en question et ensuite les analyses que nous en faisons.
L’ensemble du dossier a été transmis dans les CDPE, ceci est une synthèse pour le congrès.
Sur le principe du socle commun :
La FCPE est favorable au principe-même du socle commun.
Ce principe, reprend, en d’autres termes, ce que la FCPE appelle, dans son projet éducatif, un « passeport pour l’éducation permanente » :
« Le système éducatif public a le devoir de réussir à amener chaque jeune à un niveau certifié par un « passeport pour l’éducation permanente ». Ce dernier devra être acquis par la grande majorité des jeunes ayant suivi un cursus normal, entre 12 et 16 ans. Le service public devra offrir les occasions ou les dispositifs de remédiation à ceux qui n’auront pu l’obtenir. Il certifiera les acquis à la sortie de la formation initiale. Un jeune sortant de l’Ecole après la scolarité obligatoire garde le droit d’y retourner pour obtenir son « passeport pour l’éducation permanente ».
Pour nous, dans le cursus de la scolarité obligatoire, l’acquisition du socle commun n’est pas un plafond, mais un plancher.
L’acquisition du socle commun doit être garantie à tous : il est constitué de l’ensemble des savoirs, savoir-faire et savoir être indispensables qui donnent à chaque jeune la possibilité de se projeter dans l’avenir.
Le socle commun ne se résume pas à des savoirs étroitement utilitaires, qu’il faudrait avoir assimilé préalablement à l’accès à tous les champs de la culture.
Au contraire : pour tous les jeunes, et particulièrement pour ceux d’entre eux qui ont des difficultés à s’inscrire dans le cursus scolaire traditionnel, le détour pédagogique par la connaissance et la production d’objets culturels (arts plastiques, arts vivants, culture de l’image) ou technologiques est un chemin qui permet de maîtriser des savoirs « plus abstraits ».
Analyse de la FCPE sur le projet de décret
Le projet de décret s’appuie sur les recommandations du HCE, ainsi que sur celles du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne en matière de « compétences-clés » pour l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie ». Il se réfère aux évaluations internationales, notamment au programme PISA.
Le ministère propose un décret succinct, composé de deux articles, qui renvoient à une annexe qui précise les compétences et les connaissances constituant le socle commun.
Cette annexe reprend les sept domaines de compétences préconisées par le Haut Conseil de l’Education, chacune d’entre elles étant subdivisée en connaissances, capacités et attitudes Ces sept domaines sont précisément explorés.
Mais cela ressemble trop souvent à un catalogue de connaissances à acquérir, dont la distinction avec les capacités et les attitudes est souvent tout à fait artificielle : un schéma finalement très proche de la rédaction des nouveaux programmes de 2002 : « Qu’apprend-on à l’école maternelle ? », « Qu’apprend-on à l’école primaire ? », « Qu’apprend-on au collège ? ».
En matière de socle commun, deux questions centrales se posent :
la question de la finalité.
la question des contenus.
Les finalités du socle commun dans la scolarité obligatoire, les grands domaines des savoirs qui s’appuient sur les questions de notre temps et de notre humanité, voilà ce qui relève de la responsabilité du politique et qui aurait dû faire, selon nous, l’objet d’un débat et d’un engagement parlementaire.
C’est une question fondamentalement politique.
Quant au contenu, il doit associer des savoirs scolaires qui doivent permettre à l’enfant de comprendre le monde dans lequel il vit et que l’on retrouve pour partie dans les savoirs disciplinaires et des compétences transversales qui sont des outils, comme, par exemple :
savoir apprendre par l’apprentissage de méthodes de travail et de raisonnement,
savoir communiquer avec des mots, avec des outils mathématiques ou technologiques,
savoir produire, exprimer, créer.
Ces deux domaines de savoirs (scolaires et transversaux) sont indissociables et complémentaires : on n’apprend pas à apprendre si l’on n’a rien à apprendre, mais on n’apprend rien si l’on ne sait pas comment faire pour bien apprendre.
Ce projet de décret laisse des interrogations sans réponse.
En effet, on ne peut séparer les finalités et la définition des contenus du socle commun des questions suivantes :
Comment maîtriser le socle commun ? C’est la question des méthodes de travail, de l’adéquation entre les démarches pédagogiques, les modes d’organisation du travail et l’acquisition du socle.
Comment sait-on qu’on le maîtrise ? C’est la question de l’évaluation et des types de production du travail des élèves qui permettent une évaluation pertinente : à quelles conditions, suivant quelles modalités le diplôme national du brevet peut-il être un des outils d’évaluation ?
Comment indique-t-on clairement ce qui, en termes de méthode et non en termes d’éducation à deux vitesses, distingue le socle et les programmes de l’Ecole obligatoire ? C’est la question de l’interaction, de la « porosité » de deux domaines complémentaires.
Comment détermine-t-on le découpage des connaissances et compétences à acquérir, de leur approfondissement éventuel dans le temps de la scolarité obligatoire ? C’est la question de la continuité éducative et pédagogique entre l’école primaire et le collège.
Comment traite-t-on le problème des élèves qui connaissent des difficultés d’acquisition du socle durant leur scolarité obligatoire ? C’est la question de la mise en place d’une pédagogie différenciée, d’une pédagogie de la remédiation et du soutien, qui en pose immédiatement une autre - jamais traitée et toujours esquivée - celle de la redéfinition de la mission des enseignants.
Comment prend-on en charge les élèves qui, à l’issue de leur scolarité obligatoire, ne maîtrisent pas le socle commun ?
Pour résumer, la FCPE est favorable au principe du socle commun mais ce projet de décret nous laisse sur notre faim. Le document qui nous est présenté semble avoir été rédigé dans la précipitation.
Il comporte peu de différences avec les programmes de 2002.
Il n’apporte aucune réponse aux questions fondamentales :
Articulation socle commun/programme,
Conditions de la mise en œuvre, formation des enseignants, évaluation,
Accompagnement des élèves, travail individualisé, remédiation.
Un projet éducatif d’une telle importance méritait un décret qui ne se réduise pas à l’énumération des compétences du socle mais qui, dans une cohérence d’ensemble, détermine les présupposés pédagogiques de sa mise en œuvre, en terme de démarches, de professionnalisation, de relation éducative à l’élève.
Le projet de décret n’est pas à la hauteur de l’ambition que toute la communauté éducative doit porter pour que la scolarité obligatoire constitue un tremplin de réussite pour chaque élève.
La solidarité avec les enfants de parents en situation irrégulière ou sans papiers
Avec le réseau éducation sans frontières, nous sommes partie prenante des actions menées contre les expulsions des enfants.
Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans-papiers et à leurs parents s’achèvera. À partir de ce moment-là, ces enfants seront des clandestins soumis à tout moment au risque d’une expulsion.
Ce sont des milliers de personnes qui risquent de se retrouver dans des situations d’extrême pauvreté ou de torture en retournant dans leur pays d’origine.
Les parents qui se sont installés en France et qui ont choisi de scolariser leurs enfants dans l’école publique, l’école de la république, adressent un message d’espoir à la nation française. C’est un message de confiance envers l’Ecole.
La France est signataire de la convention internationale des droits de l’enfant qui garantit notamment le droit à l’éducation. Pour nous, ce droit ne se résume pas à l’année scolaire, mais à l’ensemble de la scolarité et la formation.
Nous demandons, à ce que le gouvernement respecte les conventions internationales et les droits fondamentaux des enfants et de leurs parents.
Si ces enfants nous demandent l’asile pour échapper à l’expulsion, nous leur ouvrirons nos portes.
Une motion sur ce sujet d’actualité vous sera proposée.
Vie fédérale et situation du CDPE de La Réunion
Un sujet difficile et délicat concernant notre vie fédérale et le CDPE de l’île de la Réunion.
Un bref résumé de la situation.
Le président actuel, l’ancien trésorier, une secrétaire administrative de ce CDPE sont mis en examen pour « faux et usage de faux en écriture publique ». Leur procès aura lieu dans les jours qui viennent.
En outre, des conseils locaux nous ont informé de situations anormales. Certaines adhésions qu’ils ont versées au CDPE n’ont jamais été transmises à la fédération nationale.
Après vérification, il paraît manifeste que les adhésions versées par certains conseils locaux cette année et l’année dernière ne correspondent pas à ce que la fédération nationale a perçu.
Compte tenu de la gravité de la situation, Georges Dupon-Lahitte a profité d’un déplacement à Mayotte pour demander au président départemental de La Réunion de réunir l’ensemble des conseils locaux le 25 avril 2006 en sa présence. Ceux-ci ont décidé de constituer une commission des comptes pour vérifier la situation financière du CDPE. Afin de moraliser le fonctionnement du CDPE, il a été décidé d’organiser une assemblée générale extraordinaire le 10 juin 2006 chargée d’élire une nouvelle équipe.
Par la suite, le président et le bureau ont semble-t-il refusé de s’inscrire dans cette démarche ; ils ont refusé de transmettre les documents comptables à la commission des comptes.
Nous constatons donc un préjudice financier et moral pour les adhérents des conseils locaux qui ne bénéficient pas des prestations de la fédération concernant les abonnements ; celle-ci subit elle-même un préjudice moral et financier certain.
Il y a donc abus de confiance en vertu de l’article 314-1 du code pénal.
Afin de déterminer l’auteur ou les co-auteurs de cette infraction, le conseil d’administration national a décidé hier soir d’autoriser le président à ester en justice et à porter plainte.
Cette plainte sera déposée solidairement à rencontre du président et des membres du bureau.
Financement des écoles privées
Nous avions alerté l’opinion publique, les élus et leurs représentants, les parlementaires et le gouvernement sur l’article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004 sur les responsabilités locales.
Cet article 89 oblige les communes de résidence des élèves scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat dans une autre commune, à prendre en charge le forfait d’externat correspondant.
La circulaire du 2 décembre 2005, précise les modalités d’application de cet article.
Dans le cadre du CNAL, nous avons déféré cette circulaire en conseil d’État pour demander sa suppression. Nous avons multiplié les démarches auprès du ministère, des différents groupes parlementaires et associations d’élus. L’association des maires de France s’est émue de cette nouvelle mesure qui va grever considérablement les budgets des communes, en particulier pour les plus petites.
Cela signifie que les parents qui ne trouveront pas une école privée dans leur commune pourront librement choisir de scolariser leurs enfants dans une école privée d’une autre commune, sans accord préalable de leur maire. Pour mémoire, pour scolariser son enfant dans une école publique d’une autre commune, il faut cet accord du maire.
Cela signifie que de nombreuses communes rurales qui ont investi pour améliorer les conditions d’accueil dans leurs écoles publiques pour conserver leurs classes risquent de voir s’évaporer leurs effectifs scolaires et d’être obligés de payer pour cela !
Nous demandons à nos représentants d’informer largement les parents d’élève et de s’opposer à l’application de cette circulaire, par exemple en votant des motions en conseil d’école, au moins tant que le Conseil d’Etat ne s’est pas prononcé sur le recours du CNAL.
Nous devrons rappeler inlassablement que, en tout point du territoire, la République se doit d’offrir à ses enfants une école publique.
En revanche, la divergence d’interprétation demeure lorsque la commune de résidence dispose de capacités d’accueil dans ses établissements. Le conseil d’État tranchera.
Le statut du délégué parent
Nous avions espéré une avancée dans ce domaine. Un projet de décret devait nous être soumis. Il était prévu pour le mois de mars, puis pour début juin.
Nous l’attendons toujours.
Il faut dire que ce projet a été mis en concertation avec les organisations syndicales... Cela nous étonne un peu, d’ailleurs, parce qu’on ne nous a pas consultés dans les négociations sur la direction d’école, pour prendre un exemple récent... Donc, ça bloque ! Pourtant, nous avions pris le soin de rencontrer la plupart des syndicats pour leur exposer nos demandes. Il ne semblait pas alors qu’il y avait tant de divergences que cela !
Apparemment, le point de blocage se situe au niveau des horaires des conseils de classe et de l’absence de contrôle préalable par les directeurs et chefs d’établissement des documents des associations de parents.
Nous rappelons que les parents sont des bénévoles, qui sont le plus souvent des salariés et qu’il leur est difficile de se libérer en cours de journée pour participer à un conseil de classe. De plus, les élèves ne doivent pas perdre d’heures de cours à cause des conseils de classe.
C’est pour cela que nous voulons que ceux-ci se déroulent hors temps scolaire afin de permettre aux parents d’exercer leur mandat de représentation et aux élèves d’avoir toutes les heures auxquelles ils ont droit. Ceci devrait être la règle, même si exceptionnellement des accords peuvent être conclus compte tenu de la disponibilité des uns et des autres.
Nous réclamons aussi, pour les fédérations de parents d’élèves reconnues au niveau départemental, le droit de diffuser librement et en toute responsabilité tout document concernant les parents et l’éducation, comme le précise la circulaire de 2001. Ce droit fondamental ne nous est toujours pas reconnu par décret, alors qu’il l’est pour les lycéens, même si nous savons les difficultés qu’ils connaissent pour l’exercer.
Dans un État dit de droit, les parents, adultes citoyens et contribuables, sont considérés comme des mineurs.
C’est le droit fondamental des usagers de donner leur avis et de participer au bon fonctionnement des services publics.
Au-delà du statut de délégués parents, ce que les parents réclament fondamentalement dans toute leur diversité c’est du respect.
Merci de votre attention et place au débat.
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