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INTERVENTION DE LA FCPE 93
CDEN du 30 MARS 2006.
Monsieur le préfet.
Monsieur l'inspecteur.
Madame la présidente du conseiL-Général.
Mesdames, Messieurs.
Les circonstances particulières de l'actualité, nous obligent à intervenir en dehors de l'objet de ce CDEN. En effet, la FCPE de Seine-Saint-Denis tient aujourd'hui à protester vigoureusement contre l'attitude provocatrice du gouvernement.
Les jeunes, les étudiants, les lycéens, avec les salariés mènent un mouvement exemplaire.
La manifestation du mardi 28 mars a montré une ampleur sans précédant de la contestation pour un retrait sans conditions du CPE.
Les jeunes méritent et doivent d'être entendus; leurs revendications sont légitimes et sont soutenues par une majorité de la population.
Ils exigent un retrait immédiat du CPE et l'ouverture de négociations pour décider de leur avenir.
Ils refusent un avenir précaire dès la fin de leurs études,
Ils veulent des droits mais pas au rabais sous prétexte qu'ils sont tout simplement des jeunes.
Ils aspirent a ce que chacun d'entre nous souhaite : Vivre dignement...
Les parents d'élèves et la FCPE soutiennent les jeunes et nous continueront à les aider dans leur mouvement contre ce mauvais plan qu'est le CPE que ce gouvernement tente d'imposer par la force, et le mépris.
En marge de ces manifestations, des violences ont eu lieu, et nous savons tous qu'elles ne sont pas du fait des collégiens, lycéens et étudiants qui manifestent contre le CPE.
Ces violences, nous les condamnons fermement. Aucune raison ne peut légitimer le vandalisme.
Le mépris affiché du Premier ministre n'est pas fait pour améliorer la situation.
Si le gouvernement joue la montre, voire le pourrissement de la situation, les jeunes eux restent mobilisés avec leurs parents...
Nous parents, sommes inquiets pour nos jeunes qui passeront des examens en juin et aujourd'hui le nombres d'heures d'absences non remplacé dépasse le temps que nos jeunes battent le pavé pour le retrait du CPE.
Monsieur le Préfet, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, vous êtres ici les représentants de l'Etat. Nous vous demandons solennellement, de porter notre message :
« Arrêter de culpabiliser notre jeunesse, mettez les moyens humains et matériels là où les besoins manquent. Il serait normal que le gouvernement entende la voix de sa jeunesse et retire le CPE !!! »
Revenons à l'ordre du jour du CDEN.
En son temps, Monsieur le Ministre de l'Education Nationale avait expliqué le nouveau dispositif de remplacement dans le second degré comme une innovation qui allait résoudre tous les problèmes. Nous savions et nous avions raison de dire qu'il s'agissait d'une vaste tromperie !!!
La FCPE a rencontré Monsieur le Recteur, bien avant la mise en place de la loi; celui-ci nous avait expliqué que pour les remplacements de courte durée de moins de 15 jours, le dispositif de suppléance à l'interne existait et que des heures en plus seraient affectées aux établissements. Aujourd'hui le bilan est plus que négatif, il ne fonctionne pas... un nombre encore trop important de cours ne sont pas tous assurés...
Pour le premier degré, et vos chiffres le montent, vous pouvez faire mieux? Hélas les choses ne se passent pas mieux. Certaines semaines dépassent les 3% de non-remplacements.
Monsieur l'Inspecteur, comme vous l'aviez exprimé lors du dernier CDEN : « Entre 1 et 2%, il y a des difficultés, et au-dessus de 2% il commence à y avoir des tensions. Aujourd'hui nous en sommes à plus de 3% !!! Bien au-delà des tensions. Il ne faudrait pas une nouvelle explosion...
Nous ne reviendrons pas sur la liste complémentaire du début d'année, qui au fil des jours ne fait qu'augmenter... Il serait souhaitable d'arrêter de gérer le service public d'éducation comme une peau de chagrin.
Si la volonté politique du gouvernement est de lutter contre le chômage des jeunes en particulier qu'il commence à se donner les moyens nécessaires afin de leur fournir une formation de qualité. Cela ne passera que par une école digne de ce nom.
Il faut absolument que ces moyens de remplacement deviennent une priorité de ce département. Comment peut-ont demander aux élèves d'être assidus, et dire que certains parents sont démissionnaires et les menacer de sanctions si l'Etat n'assume pas ses devoirs?
Assurer l'éducation de nos jeunes.
Les moyens alloués à l'AIS en sont un autre exemple. Que dire lorsque l'accueil de la CDES est fermé pendant plusieurs jours parce que la personne qui assure ce service est absente et aucun remplacement n'est prévu !
Les familles appellent et tombent sur un répondeur saturé ou un téléphone qui sonne dans le vide.
A l'heure importante de la mise en place de la loi de février 2005, il nous semble important que les moyens nécessaires soient mis en place pour assurer l'information des familles.
Concernant les rythmes scolaires.
La FCPE tient à rappeler ici son attachement à mettre l'enfant au centre du débat.
En effet, nous savons tous ici, et trop souvent, les modifications de l'organisation de la semaine scolaire, tient plus compte de l'intérêt premier des adultes que de celui des enfants.
La FCPE réaffirme sa volonté d'aborder tous les paramètres avant de prendre des décisions presque irréversibles :
Que deviennent les possibilités de rencontres parents/enseignants les samedis matin seul jour pour une majorité de parents ne travaillants pas et pratiquement seul moment qui permette la rencontre avec l'enseignant de leur enfant ?
Quand sera t'il des fêtes d'écoles et des forums des métiers pour communiquer ?
Les municipalités sont elles prêtes et ont t'elles le budget suffisant pour prendre en charge les activités extra-scolaires le samedi matin ? Pour éviter que les enfants restent en bas de la cité ?
Pour des commodités d'adultes les conseils d'écoles, se tiennent souvent le soir?
Le temps pour tenir les réunions pédagogiques, a quel moment, en pleine semaine. Que vont devenir les enfants ?
Nous savons tous que cette liste n'est pas exhaustive. La FCPE est extrêmement réservée quant aux modifications prises à la va vite et peut être sous la pression de tel ou tel groupe, parents y compris.
Lorsque l'on sait que les conseils d'écoles se sont prononcés contre.
Un exemple aux LILAS, depuis 10ans la semaine scolaire est organisée sur 4 jours sans qu'il y ait eu consultation des parents. Un bilan académique devait être établi après 3 ans d'expérimentation. Aucun résultat n'a jamais été communiqué.
La restitution des 24 demi-journées est prise sur les congés scolaires habituels d'où le problème pour les familles à organiser leurs vacances (locations, séjours, colonies de vacances sont prévues en fonction des congés de mi-juillet et août. Les frais de transport à plein tarif en haute saison pour les enfants d'immigrés et des DOM TOM.
Les familles les plus modestes sont les plus pénalisées ce qui doit faire réfléchir.
De ce fait les parents d'élèves des LILAS constatent que les dates de sorties et de rentrées scolaires ne sont pas respectées (entre 40 à 60 % d'absence) ce qui pénalise les élèves, ils ne bénéficient donc pas du programme scolaire dans son intégralité.
Les parents d'élèves ont essayé de remédier à cet inconvénient en proposant la réduction des petites vacances et en scolarisant les enfants 1 samedi par mois.
Après une consultation organisée par la FCPE auprès des familles qui ont été favorables à 80 % et après expérimentation de cette solution force est de constater qu'elle n'est pas plus satisfaisante que la 1ère.
Ce rythme scolaire ne convient pas aux enfants de 3 à 10 ans, la durée de la journée d'école (8h30 18h00) est trop longue.
Il entraîne un manque de concentration nuisible à leurs apprentissages.
La journée de repos en milieu de semaine est indispensable pour leur bien être et leur épanouissement.
Les parents d'élèves des lilas demandent de revenir aux horaires et aux congés pratiqués dans le cadre national.
Aujourd'hui les parents sont de plus en plus sollicités pour siéger dans les instances de l'Education Nationale et n'ont toujours pas obtenu le statut de parents-délégués alors que le gouvernement s'était engagé à mettre en place un statut du bénévole.
Malgré les contraintes de tous ordres, la FCPE réaffirme sa volonté de participer à la construction d'une école qui permette la réussite de tous les jeunes.
La FCPE 93.
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