|
Déclaration de la FCPE au CDEN du 27 février 2006 Les Parents d’Elèves de la FCPE ont souligné à de nombreuses reprises leurs inquiétudes quant à l’évolution du système éducatif en Seine Saint Denis. Leur mobilisation, qui a commencé dès la rentrée scolaire de septembre 2005, se poursuivra notamment le 4 mars 2006 par une nouvelle journée d’action, en partenariat avec les autres acteurs du Système Educatif. Si les Parents se mobilisent, comme ils ont su si bien le faire en 1998, c’est qu’ils ne peuvent accepter cette dégradation des conditions d’enseignement et qu’ils exigent un droit à la réussite scolaire pour chaque enfant !
Madame la Vice-Présidente Monsieur le Préfet Monsieur l’Inspecteur d’Académie Mesdames et messieurs les membres du CDEN Les Parents d’Elèves de la FCPE ont souligné à de nombreuses reprises leurs inquiétudes quant à l’évolution du système éducatif en Seine Saint Denis. Leur mobilisation, qui a commencé dès la rentrée scolaire de septembre 2005, se poursuivra notamment le 4 mars 2006 par une nouvelle journée d’action, en partenariat avec les autres acteurs du Système Educatif. Si les Parents se mobilisent, comme ils ont su si bien le faire en 1998, c’est qu’ils ne peuvent accepter cette dégradation des conditions d’enseignement et qu’ils exigent un droit à la réussite scolaire pour chaque enfant ! Ce droit à la réussite scolaire, que nous souhaiterions voir figurer dans la Constitution, doit bien évidemment permettre à chaque élève de suivre sa propre voie, mais il doit susciter de la part de l’institution scolaire tout entière, un investissement réel et durable. Puisque nous devons évoquer aujourd’hui les perspectives pour la prochaine rentrée, force est de constater que cet investissement n’est pas à la hauteur des besoins et de nos ambitions. Certes nous allons revenir sur les idées générales du projet qui nous a été soumis. Certes nous allons faire part de notre satisfaction devant certaines prises en compte. Mais rappelons que le projet qui nous est remis, s’inscrit dans un cadre budgétaire étriqué et les personnels de l’Inspection Académique connaissent eux-mêmes les conséquences néfastes des coupes budgétaires significatives déjà opérées. Sans finances correspondantes, les principes relèvent en effet plus du virtuel que de la mise en oeuvre d’une politique ambitieuse et il est à craindre qu’au-delà des déclarations de principe, notre Système Educatif ne continue de se dégrader et de ne plus être en capacité de remplir ses missions. Vous comprendrez dès lors, la profondeur de nos inquiétudes et les motifs de notre mobilisation…… Par ailleurs, outre la disproportion évidente entre les principes évoqués et les moyens mis en place pour tenter de les satisfaire, nous nous inquiétons également de l’intérêt dont se trouve entourée l’Education Nationale. En effet, outre Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, nous sommes surpris de constater l’intervention d’autres Ministres, dont au moins un Ministre d’Etat, pour intervenir dans la sphère du Système Scolaire. A l’évidence, cette « explosion » de compétences n’a rien à voir avec d’éventuelles échéances électorales et ne peut résulter que d’une volonté affichée d’aider à résoudre les difficultés de l’Ecole. Mais vous comprendrez que les associations de Parents d’Elèves sont quelque peu déroutées de cette accumulation d’intervenants. Cette si grande fréquentation au chevet d’un grand malade, nous renvoie plutôt aux médecins de Molière et nous fait craindre un rapide trépas, plutôt qu’une guérison miraculeuse. Car il faut constater que les déclarations intempestives, les propositions définitives et les constatas quelquefois autistes, ne s’accompagnent d’aucune concertation et d’une méconnaissance évidente, tant des réalités de terrain, que des besoins exprimés. Prenons l’exemple de l’apprentissage dès 14 ans. Ce remède miracle à la difficulté de certains jeunes, vient d’être prescrit telle une panacée quasi universelle. Pourtant, nous savons déjà que les jeunes issus des banlieues (ce qui pudiquement signifie issus de l’immigration) ne trouvent pas aujourd’hui de maîtres de stages, dans le cadre de l’apprentissage à 16ans. Nous savons également que ces jeunes en difficulté, s’ils quittent le système éducatif à 14 ans, ne disposeront d’un bagage de connaissances trop limité pour leur permettre d‘envisager une évolution ultérieure. On se propose de les envoyer en apprentissage, comme il y a 30 ans on envoyait leurs parents « à l’armée », en théorie pour les former, en réalité pour justifier au plus tôt de leur exclusion définitive. Nous ne pouvons accepter cette démarche ! Revenons également sur la présence des forces de Police dans les établissements scolaires. Il est symptomatique de constater que cette proposition a été concomitante aux déferlements médiatiques sur les violences en milieu scolaire, notamment dans notre département. Fausses informations, gestion sans recul de l’évènement, rien ne nous aura été épargné pour encourager la psychose et susciter la peur. Mais si notre département n’est pas le Bronx, cette manipulation de fait a suscité la réponse habituelle en la matière : plus de sécurité, plus de répression et …. faisons appel à la Police ! Nous avons déjà très largement donné notre point de vue sur les effets pervers de la mise en place du protocole Education Nationale/ Justice / Police et nous pensons qu’une présence policière dans les établissements, ne va pas manquer d’accenteur le fossé existant entre l’Institution et les futurs citoyens qu’elle se doit de former. Et puis, comment admettre que lors des débats et développements autours de cette question réelle des violences en milieu scolaire, il ne soit jamais abordée l’incidence de la disparition des «emplois jeunes » et la question du nombre de surveillants et de leurs modalités de recrutement ? L’Ecole n’est que le reflet de la société, mais nous savons qu’elle doit rester un lieu d’expression et de liberté, afin de permettre justement un véritable apprentissage de la citoyenneté. Nous savons, en regardant ailleurs, que la théorie de la « tolérance zéro » qui accompagne fréquemment les propositions de ce type, a été d’une totale inefficacité, avec des effets dramatiques et qu’il ne s’agit pas d’une bonne réponse à de vraies questions. Nous prétendons qu’un véritable travail est à réaliser au sein même de l’Education Nationale, afin de nous permettre de répondre aux questions posées par cette violence. Mais nous pensons que le débat est à mener en interne, avec tous les partenaires du système éducatif et en mettant à plat toutes les responsabilités. Nous préférons réfléchir en terme de droits et de devoirs réciproques, quitte à refuser certaines pratiques du « tout répressif », comme le fait avec courage la FCPE de Gournay sur Marne. La mise en place de policiers dans les établissements, n’est pas de nature à faire avancer le débat, il le gèlera peut-être, apportera la tranquillité d’esprit à une frange de la population sûrement, mais ne règlera en rien les causes du malaise, s’étant exclusivement attachée aux effets. Nous appelons donc la communauté éducative à rejeter cette démarche et, dans le même temps, à accepter un véritable débat sur les droits et devoirs réciproques dans les établissement, notamment au travers d’un large débat sur les politiques menées en matière de règlements intérieurs et de mises en œuvre des sanctions. Bien évidemment, contrairement à ce qui a été fait jusqu’à ce jour en la matière, la FCPE est disponible pour débattre de ces sujets et rechercher des solutions satisfaisantes, étant ici observé que nos enfants sont directement concernés. Revenons en alors, à l’objet du CDEN de ce jour. Nous avons été rendus destinataires du projet général pour la préparation de l’année 2006/2007. Ce texte est intéressant, en ce qu’il fixe des buts et se donne des objectifs que nous partageons bien évidemment. Nous avons déjà souligné que, malheureusement, les moyens qui devraient l’accompagner ne sont pas identifiés…… ais il a le mérite de présenter les enjeux de ces futures années, eu égard aux nombreuses modifications – imposées malgré les réticences de la communauté éducative, rappelons le – qui entrent en application. Il n’est pas dans le propos de cette déclaration de reprendre tous les éléments développés dans ce document et nous nous bornerons en conséquence à en souligner certains points. 1 - En premier lieu, nous nous félicitons, de la reprise de notre proposition de création d’un Observatoire de la Réussite Scolaire, que la FCPE 93 demande depuis de nombreuses années. Nous estimons en effet qu’il convient de valoriser et de diffuser les réussites de ce département, dont les richesses arrivent souvent à contrebalancer les handicaps ! Cette création d’un observatoire permettra peut-être d’obtenir le bilan des actions menées, sans forcément se limiter aux résultats obtenus en ZEP. 2 - Sur les ZEP justement, le fait que vous indiquiez précisément en tête de chapitre votre intention de « recentrer » votre action, ne peut que susciter de réelles inquiétudes. Aucun bilan réel n’a été réalisé sur les ZEP, notamment en terme d’évaluation des améliorations, mais également de pris en compte de l’arrêt de la dégradation et l’on nous parle de « recentrage ». Ce mot prend toute sa signification si on le ramène aux réalités budgétaires et, à budget constant, voire même en régression, ce recentrage ne serait-il pas plutôt un abandon ? Nous partageons la nécessité d’un renforcement de l’action dans certains secteurs, mais encore faudrait-il avoir la certitude que les moyens ainsi affectés ne le sont pas au détriment d’autres secteurs qualifiés de moins prioritaires. De plus, comment croire en l’efficacité d’une réforme qui ne s’appuie pas sur une analyse préalable et concertée des expériences déjà menées ? Nous serons donc attentifs à la mise en œuvre de ces dispositifs et nous demandons que les Parents d’Elèves et les Elèves y soient étroitement associés, dans la mesure où les documents remis donnent à penser que leur mise en place en ignore à ce jour les premiers intéressés. Nous serons également vigilants sur l’institution des PPRE, dont la définition exclue également la participation active de l’élève et de ses parents, dans la phase d’élaboration. En effet, en matière de contrat – et ce programme n’est-il pas un contrat – les mots ont un sens et si le PPRE est « élaboré » par l’équipe pédagogique et n’est que simplement « discuté » avec les parents, il nous apparaît clairement que cette élaboration échappe à toute notion de partenariat et qu’il s’agit bien d’un contrat imposé, avec le risque évident qu’il comporte des clauses « abusives », sans que les parents ni les élèves ne soient en mesure de les « discuter » réellement. Cette approche nous paraît contestable et très éloignée de l’idée que nous nous faisons de la démocratie et de la citoyenneté. 3 - Nous prenons acte ensuite de la volonté de mettre en œuvre des moyens spécifiques pour permettre le remplacement effectif des enseignants dans le premier degré. Sur ce point, il est surprenant de constater que l’Education Nationale a de grandes difficultés pour « prévoir » et il nous paraît plus sage d’augmenter le nombre de places au concours, plutôt que de recourir chaque année aux liste complémentaires. En effet, les Parents ne comprennent pas cette démarche qui conduit les « bons » (ceux qui ont réussi le concours) en formation à l’IUFM et qui amène les « mauvais » (ceux qui sont sur la liste complémentaire) directement dans les classes ! De plus, ce recours à des personnels non formés, ne va-t-il pas à l’encontre des principes évoqués par ailleurs, notamment en terme de gestion des « ressources humaines » ? Mais il est vrai que là encore, le budget prime sur les principes…. Nous sommes surpris de constater que la question du remplacement dans le second degré, ne soit pas abordée dans le document placé en débat. Vous ne pouvez ignorer la position de la FCPE, sur la réforme mise en œuvre sur cette question et nous demandons que des chiffres des heures non remplacées soient communiqués, ainsi que des tableaux comparatifs reprenant les données des années précédentes. 4 – La question des collèges n’est que peu évoquée dans votre projet cadre. Certes, vous développez la question des options de découverte professionnelle et la mise en place du nouveau brevet, mais la question de fond de la fragilité de cette étape, n’est pas réellement abordée. Pourtant le collège pose problème et nous le savons tous. Augmentation dramatique des conseils de discipline, sortie massive d’élèves, sont les constats fréquemment réalisés et il ne nous semble pas que la mise en œuvre des PPRE soit la réponse adaptée. Ne faut il pas s’appuyer sur ces constats pour réfléchir à d’autres approches, en prenant notamment en compte l’arrivée massive en classe de 6° d’élèves en état réel d’échec scolaire ? Ne faudrait t’il pas sur ce point, effectuer dès le début de l’année scolaire une évaluation de ces difficultés pour les traiter immédiatement, notamment grâce à un dispositif renforcé de classes relais et pas simplement dans le cadre des dispositifs « « ambition réussite », afin d’éviter tout risque de « ghettoïsation » ? Ne faut il pas également réfléchir aux conditions de fonctionnement de ces établissements et aux pratiques mises en œuvre, notamment sur la question des droits des élèves et de la politique disciplinaire ? Nous appelons à une réflexion autonome sur ce sujet et nous ne voudrions pas que l’instauration d’un nouveau brevet ne serve finalement qu’à justifier – au travers de l’obtention d’un « diplôme » - de la sortie massive en fin de troisième, d’élèves dont, en réalité, on a renoncé à s’occuper ! 5 - Vous rappelez ensuite, l’importance de la mobilisation pédagogique, de la maternelle à la fin de la scolarité obligatoire. Nous ne pouvons que souscrire aux principes ainsi développés, notamment sur la question de la maîtrise de la langue française. Mais, rappelons que la scolarisation des 2 ans n’existe quasiment plus dans ce département et que celle des trois ans est en net recul, depuis de nombreuses années ! La maîtrise de la langue ne passe t’elle pas justement par une scolarisation précoce qui permettra une meilleure acquisition de la lecture en cycle 2 ? Nous demandons en conséquence qu’un ambitieux plan de scolarisation dès l’âge de 2 ans, soit mis en place dans ce département ! Pour ce qui concerne l’enseignement des langues vivantes, vous parlez de progrès et nous parlons de situation inacceptable ! Le dispositif actuel d’enseignement des langues vivantes en primaire a été conçu et mis en place par l’Education Nationale qui, plusieurs années après la promulgation des textes, n’est toujours pas capable de remplir ses propres engagements ! Nous savons que notre département souffre dans ce domaine d’un important retard par rapport à d’autres départements, y compris de la même académie et ce alors même, que chacun s’accorde à souligner l’importance de l’enseignement précoce des langues vivantes. Pour tenter de remédier à cette anomalie, vous faites état d’un renforcement de la prise en charge de cet enseignement par les professeurs des écoles. Attention sur ce point à la tentation d’un recours systématique à une habilitation de circonstance ! Nous rappelons notre attachement à la qualité des formations initiales et continues des enseignants et nous serons particulièrement attentifs aux modalités d’habilitation et aux conditions réelles d’enseignement de cette discipline. Nous avons le même type de préoccupations pour le B2i. Nous savons que le niveau d’équipement en primaire est très inégal dans le département et que là encore, la question de la formation des instituteurs et professeurs des écoles, se pose. La situation est presque comparable dans les collèges, même si l’investissement réalisé sur ce point par le Conseil Général, limite les différences en terme de matériels. Mais la question des formateurs reste cependant posée, sans que nous puissions disposer d’une information complète. L’Egalité Républicaine trouve ici une des ses nombreuses limites et nous souhaitons qu’une cartographie détaillée des équipements et des formateurs soit rapidement communiquée, tant en primaire, que dans les collèges. 6 – La question de la scolarisation des élèves en situation de handicap, nous interpelle bien évidemment. Dans le cadre des travaux menés en CDES, nous vous avons déjà interpellé sur un certain nombre de questions. Ainsi, vous réaffirmez le principe de l’inscription d’un élève handicapé dans son établissement de secteur, mais vous êtes totalement taisant sur les conditions matérielles d’un tel accueil. Nous demandons, depuis de nombreuses années, que soit établie et communiquée une carte scolaire spécifique, reprenant les besoins exprimés et déterminant les structures devant leur correspondre, avec un état de la conformité de chaque établissement avec les normes applicables, en matière d’accueil des handicapés. Nous souhaitons également que cet accueil soit réalisé dès la rentrée scolaire et non plusieurs jours après, comme cela se fait actuellement. Nous serons très attentifs à la réalité des moyens attribués au nouveau dispositif et rappelons notre attachement au respect d’un traitement de proximité, afin de ne pas rajouter au « parcours du combattant » que subissent encore aujourd’hui, nombre de familles d’enfants handicapés. Nous suivrons également l’évolution envisagée pour ce qui concerne l’avenir de l’AIS. En effet, lorsque nous lisons qu’il faut « réorganiser », nous ne pouvons nous empêcher de nous rappeler que ce terme signifie bien souvent « disparition » surtout en période de disette budgétaire. Les Parents d’Elèves de la FCPE affirment donc leur attachement au maintien et au renforcement des missions actuellement dévolues à l‘AIS. 7 – Vous abordez également la question de la prévention des ruptures scolaires. De vos différentes observations, nous retiendrons essentiellement celle qui vise à « aider les élèves à construire un projet d’orientation ambitieux ». Cette notion est en effet transversale et nécessite que l’on rappelle que nous devons réfléchir en terme d’ambition et non pas en terme de gestion….. Pour nous l’ambition que nous prêtons à nos enfants doit se formaliser au travers d’une offre de formation enrichie et valorisante. Faire de nos jeunes, des citoyens fiers de leurs origines et de leurs formations, restituer leur parcours dans une logique Républicaine, notamment en terme d’égalité des chances - non seulement dans l’accès à l’enseignement ou à la culture, mais également au monde professionnel -, tels doivent être nos objectifs. Dès lors, il paraît vain de ne s’interroger que sur les devoirs de ces jeunes – notamment en insistant sur les dispositifs de prévention des incivilités ou de la violence – sans aborder dans le même temps la question de leurs droits ! Alors osons repenser l’Ecole en terme de démocratie et de citoyenneté partagées ! Repensons le rôle des Délégués Elèves et donnons à leur élection le sérieux et le contenu qu’elles méritent ! lançons le fonctionnement des Comités de vie Lycéenne en attribuant, locaux, moyens et heures libérées, sur le modèle – par exemple - des délégués syndicaux dans les entreprises. Réformons le fonctionnement des Conseils de Discipline en imposant le respect de règles aussi fondamentales que la présomption d’innocence ou le respect des droits de la défense. Modifions l’élaboration des règlements intérieurs afin qu’ils soient l’émanation d’un véritable « Contrat Scolaire » plutôt que la compilation des seuls interdits ! La rupture scolaire est rarement le résultat d’une action délibérée de l’élève, mais nous paraît être la résultante d’une multitude de facteurs, dont certains ne sont jamais pris en compte dans le processus d’élaboration de supposées solutions. La réponse du Système Educatif doit donc pouvoir s’appuyer sur les valeurs de la République et sur une réelle concertation, non seulement avec les équipes pédagogiques, mais également avec les Elèves et leurs Parents. 8 - Vous abordez enfin la question des personnels, au travers des questionnements sur l’aide et le soutien dont ils ont besoin. Vous le savez, nous considérons que les conditions de travail des personnels, leurs formations initiales et continues et, plus généralement, leur bien-être, influent directement sur la qualité de l’enseignement. Vous parlez de meilleure gestion des « ressources humaines » mais nous constatons – sur le terrain – le désarroi profond de jeunes enseignants, mal préparés à la réalité à laquelle ils se trouvent confrontés. Nous constatons également que les établissements qui fonctionnent le mieux s’appuient systématiquement sur un véritable travail d’équipe. Nous pensons enfin qu’outre le soutien éventuel apporté par vos services, le rôle des chefs d’établissement et les rapports qu’ils entretiennent tant avec leurs collègues, qu’avec les élèves ou leurs parents, sont déterminants. Il nous paraît donc nécessaire d’inclure la réflexion sur la situation des personnels dans celle, plus générale, du fonctionnement d’un établissement scolaire. Ce sujet est difficile à aborder, tant nous avons aujourd’hui l’impression que le regard extérieur est refusé et que malheureusement certains établissements fonctionnent comme des « forteresses assiégées » dans lesquelles toute critique, ou même interrogation, est exclue. Citoyenneté et démocratie vont de pair et il n’est pas certain que le fonctionnement actuel de beaucoup d’établissements, puisse réellement s’en réclamer. En conclusion, vous aurez compris que les Parents d’Elèves de la FCPE 93 ne pourront se satisfaire de simples principes, aussi généreux soient-ils. Les moyens doivent en premier lieu se trouver en face des ambitions évoquées et, en l’état, nous constatons qu’ils ne sont pas à la hauteur des besoins. La finalité des réformes récentes, nous paraît également contraire à notre revendication d’un Droit à la Réussite scolaire pour chaque élève, tant la méthode vise à exclure, plutôt qu’à rechercher un parcours ambitieux. Sans « angélisme » mais également sans résignation, nous persistons à dire que la Seine Saint Denis reste une terre de difficultés, mais également d’espoirs. La Communauté Educative a toujours su innover et se battre pour tenter de renverser le poids des handicaps qui frappent nos populations. Nous ne croyons ni aux remèdes miracles, ni aux solutions « évidentes » mais nous pensons que les solutions ne pourront être trouvées, que dans le cadre d’une véritable concertation, appuyée sur une analyse réaliste et complète des situations existantes. Créer un Observatoire de la Réussite Scolaire sera une première étape pour se doter d’outils d’analyse et de propositions efficaces, mais il ne faudra pas que dans le même temps, la fragilisation du service Public de l’Education Nationale se poursuive, voire s’amplifie. La mobilisation de la FCPE 93 s’effectuera donc sur ces deux axes, comme force de proposition et outil de revendications. Nous espérons ainsi, sur le fondement des principes mêmes, que vous défendez dans le projet qui nous est soumis, que nous saurons, ensemble, placer l’avenir de nos enfants au cœur des préoccupations de la République. Il est de notre ambition de faire de l’Ecole Publique, l’Ecole de la Réussite pour Tous ! Tels sont, les véritables enjeux, pour l’Ecole, de ce début du XXI° siècle. Pour la FCPE 93 Le Président Patrick ROULETTE |